Avant d’être directrice d’ABL Immigration, Marjorie Régimbeau a d’abord été une jeune fille qui a vécu elle-même l’expérience de l’immigration. Originaire de France, elle arrive au Québec avec ses parents, son petit frère et sa grande sœur. Elle a alors 14 ans.
Au départ, la famille vient simplement découvrir le Québec. L’accueil chaleureux qu’elle reçoit dans les Laurentides lui laisse une belle impression. Quelques années plus tard, en 2009, la famille décide de faire le grand saut etde s’installer au Québec.
Pour Marjorie, cette expérience familiale a certainement influencé la femme qu’elle est devenue. Elle comprend rapidement que même lorsqu’on arrive d’un pays comme la France, l’adaptation demande du temps. Le système de santé, les démarches administratives, les papiers, les façons de faire: tout peut devenir nouveau et parfois compliqué. Elle a aussi vu ses parents vivre cette adaptation, alors qu’ils arrivaient au Québec à l’âge adulte.
Cette réalité l’a sensibilisée très tôt aux difficultés que peuvent rencontrer les nouveaux arrivants.

Une rencontre qui change son chemin
À l’université de Montréal, Marjorie étudie en sciences politiques. À l’origine, elle s’intéresse surtout à l’histoire, à la sociologie et à la politique. Elle imagine même un jour travailler comme attachée politique. Maisune expérience au cégep vient changer la direction de sa vie.
Dans le cadre d’un projet de jumelage interculturel, elle rencontre une ethnologue qui travaille sur ces questions. Cette rencontre lui fait découvrir un domaine qui lui ressemble. Elle se dit alors : « J’aimerais ça travailler là-dedans. »
Quelques années plus tard, elle fait ses premiers pas chez ABL Immigration comme employée étudiante. Elle touche à plusieurs projets, travaille avec différents partenaires et apprend peu à peu à connaître l’organisme.
Elle ne se contente pas d’occuper un poste. Elle s’implique. Puis, lorsque l’ancien directeur annonce son départ à la retraite, Marjorie décide deposer sa candidature. Elle n’a jamais été gestionnaire, mais elle connaît l’équipe, elle connaît l’organisme et surtout, elle croit profondément en sa mission. Elle sera finalement choisie pour devenir directrice.

Une directrice qui veut aller à la rencontre des autres
Aujourd’hui, Marjorie souhaite donner sa propre couleur à ABL Immigration. Son objectif est clair: faire connaître davantage l’organisme et développer encore plus les partenariats. Pour elle, l’immigration ne concerne pas seulement les organismes spécialisés. Tout le monde peut avoir un rôle à jouer. Les villes, les entreprises, les écoles, les organismes communautaires, les acteurs culturels: chacun peut contribuer à créer une société meilleure.
Elle croit aussi beaucoup au rapprochement interculturel. « J’aime beaucoup les rapprochements interculturels plus que le multiculturel parce qu’on est vraiment dans l’échange, le partage. »
Pour Marjorie, il ne faut pas que les communautés vivent chacune de leur côté. Elle souhaite plutôt voir les gens se rencontrer, peu importe leur origine. « Je veux vraiment qu’il y ait ça, que ça se mélange, puis que ça crée ensemble le Québec de demain. Parce que le Québec, pour moi, est diversifié depuis la racine. »
Une personne à la fois
Cette façon de voir les choses se retrouve aussi dans sa manière de travailler. Chez ABL Immigration, Marjorie ne veut pas que les personnes deviennent simplement des dossiers. Elle insiste sur l’importance de prendre le temps de comprendre chaque situation.
« Chaque parcours est différent. Même si des personnes viennent du même pays, elles peuvent avoir une approche complètement différente, une vie defamille complètement différente. Donc il faut aller un dossier à la fois. »
L’écoute, l’engagement et la recherche de solutions sont au cœur de son travail. Lorsqu’elle ne connaît pas la réponse à une question, elle préfère le dire et chercher l’information plutôt que de donner une fausse réponse. Cette honnêteté fait partie de sa façon de travailler.
Et derrière la directrice se trouve aussi une femme qui veut que les personnes qui franchissent les portes d’ABL Immigration sentent qu’elles ne sont pas seules. Comme elle le souligne : « J’aimerais qu’elles sentent qu’elles ont un point d’ancrage, quelqu’un qui peut les aider. Qu’elles sachent qu’on est là et qu’on va leur tendre une perche. »

Une femme qui a besoin de bouger
Mais qui est Marjorie lorsqu’elle quitte son bureau?
Difficile de l’imaginer rester tranquille très longtemps. Elle fait beaucoup de bénévolat. Elle participe à des activités théâtrales et immersives, à des événements de type « grandeurs nature » et à des conventions. Elle fait même partie d’un groupe de cosplay qui participe à des événements liés à l’univers de Star Wars, notamment pour amasser des fonds pour des enfants malades.
La famille occupe également une grande place dans sa vie. Elle parle de son conjoint, de ses parents et de son frère, avec qui elle travaille notamment sur un projet de copropriété. Toutes ces activités lui permettent de garder les pieds sur terre.

Et qu’est-ce qui la fait avancer?
La réponse vient naturellement: la passion.
Marjorie est le genre de personne qui s’investit à fond dans ce qu’elle entreprend. Elle reconnaît elle-même qu’elle doit parfois apprendre à ralentir, à respirer et à prendre un pas de recul. Mais lorsqu’elle croit en quelque chose, elle ne fait pas les choses à moitié.
« Je suis quelqu’un de passionné. Dans tout ce que je fais, je vais à fond. » Et cette passion ne s’arrête pas au travail. Elle se retrouve dans ses projets et dans sa façon d’imaginer de nouvelles possibilités. Lorsqu’elle voit une occasion, elle cherche déjà la suivante. Un événement devient une occasion de rencontrer des gens
Finalement, c’est peut-être cela qui décrit le mieux Marjorie : une femme passionnée, curieuse et profondément engagée envers les autres. Une directrice qui veut faire avancer son organisme, oui. Mais surtout une femme qui croit qu’on peut changer les choses une personne à la fois.
